En Inde, une grande partie de la population voue une adoration sans faille à la race bovine. Et pas question d’en abattre pour se tailler un bon bifteck ou un rosbif. Non, là-bas, la vache est sacrée. La croyance locale dit qu’elle exauce tous les vœux. On vante également ses propriétés curatives. Pas de la vache en tant que tel, mais de ses excréments. Oui, de ses excréments. Des scientifiques ont même développé toute une gamme de gélules aux vertus thérapeutiques à base d’urine et de bouse, auxquelles sont tout de même associées des herbes médicinales. Et l’éventail des propriétés guérisseuses des rejets organiques bovins est large, à en croire les chercheurs indiens : ils soigneraient aussi bien les troubles respiratoires que des cancers. « Il y a du divin dans la bouse de vache », affirme l’un d’entre eux. « Ces formules ne sont pas nouvelles, on les retrouve dans d’anciens textes sacrés hindous, précise Kesari Gumat, qui dirige le centre de recherche. Nous les utilisons simplement avec une approche scientifique. »

La bouse est collectée, puis séchée pendant une semaine, avant d’être chauffée à haute température afin d’éliminer les germes et les bactéries. Elle est ensuite transformée en poudre, à laquelle on incorpore divers ingrédients. Mais elle peut aussi être employée directement. « Marcher dans la bouse fraîche est très bon pour la santé », assure ainsi Kesari Gumat. Selon lui, « cela tue tous les germes et les bactéries et cicatrise les plaies ». Ce n’est pas tout : « La bouse sèche est un formidable gommage pour se débarrasser des peaux mortes », explique le chercheur. Un « caca-taplasme » en quelque sorte ? On aurait envie de rire mais, en Inde, ces remèdes sont pris très au sérieux. Un cancérologue du centre de recherche de l’État du Gujarat estime même qu’il s’agit d’une forme alternative à la médecine ; cela n’a, en tout cas, pas d’effet négatif. D’autres semblent toutefois plus perplexes et rappellent que les propriétés curatives présumées des excréments de vache n’ont jamais été réellement validées. Alors, inutile de vous précipiter au salon de l’agriculture pour y faire votre marché. De toute façon, les éleveurs, en apprenant vos intentions, vous enverront certainement paître.

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